Rubrique Rose. Episode 2 : Amie de sa rivale.

Ils arrivèrent et je les vis…

Elle était là avec l’enfant.  Cet enfant était la copie miniature de mon Prince charmant, pas de doutes sur ça. Mais c’est le comportement de la mère qui me choqua. Elle me semblait complètement naïve, peut-être même endoctrinée.

Elle est venue me saluer chez nous et elle dit des mots qui m’étonnèrent : « Tu es un ange, me dit-elle. Depuis qu’il est avec toi, au moins il m’envoie l’argent pour prendre soin de l’enfant.  Je sais que je ne le mérite pas avec la position sociale et professionnelle qu’il occupe.  A cause de toi aujourd’hui j’ai même pris l’avion. Merci beaucoup Madame. »

Je compris qu’elle avait très peur de moi, de mes réactions.

J’avais déjà tout dit à ma mère et elle savait dans quel dilemme j’étais. Avais-je raison de me marier ? Ou pas ? « Ma fille, me dit ma mère, cette femme est sa première épouse, qu’on le veuille ou pas. Si tu l’aimes, soit prête à être la 2ème épouse même si c’est avec toi qu’il va faire le mariage civil et religieux. N’oublie pas que notre Dieu est toujours juste ! Et devant Dieu, moi ta mère je te le dis : tu n’as pas raison car ce n’est pas pour rien que Dieu a permis qu’il puisse avoir un fils avec elle. »

Les mots de ma mère m’avaient touchée touchées. « Et tu es informée ma fille de cette situation, quoiqu’en retard. Mais même alors, c’est bien avant que tu n’entre dans sa maison. Prends ton temps, réfléchis, penses-y ma fille ! »

Je suis allée parler à notre pasteur. Il m’a écoutée et il m’a beaucoup parlé aussi. Il m’a conseillée en ces termes : « Un mensonge reste un mensonge même si on essaye de l’embellir. Il a l’argent et pour que son actuelle femme soit une « femme de classe », cet argent est la clé. »

C’était énigmatique, mais j’ai compris ce qu’il sous entendait par là. Et j’ai pris une deuxième décision. Ensuite j’ai repoussé le mariage pour 3 mois.

J’ai eu beaucoup des conseillers durant ce temps-là : plusieurs personnes me disaient que je devais me marier avec lui malgré tout. « Cet homme t’aime énormément » ! Disaient certains. « C’est toi qui le mérite, pas cette paysanne ! » disaient les autres.

Même ma future belle-mère minimisait cette femme, et sans aucun scrupule, ce qui me faisait mal. Par ce que plus je me rapprochais de cette femme, plus je me rendais compte à quel point elle était gentille et sans problèmes.

Un jour je suis allée dans un supermarché avec l’enfant et sa mère et, par routine, je lui ai demandé quel lait de beauté elle utilisait.  Quelle réponse elle me donna !!! Je ne vais rien dire…Oh Mon Dieu j’ai compris qu’il lui fallait apprendre beaucoup des choses.

J’ai demandé l’argent à « notre » prince charmant, lui disant que je devais faire quelques achats à Kampala, pour la cérémonie qu’on préparait pour dans 1 mois. Je lui ai signifié que j’irais avec sa femme, la mère de son enfant, pour qu’elle s’achète quelque chose aussi. Il voulait refuser mais je le convainquis que ce serait mieux ainsi.  Que, de plus, je ne voulais pas aller seule.

Pour « notre » prince charmant c’était un plaisir pour lui de me voir recommencer à parler ‘’achats’’, c’était la preuve pour lui de la préparation de notre mariage. Il me donna l’argent, tout ce que je voulais, nous souhaitant bon voyage….

Eh bien voilà nous arrivons à Kampala. On a loué chacune sa chambre. Elle était vraiment campagnarde : elle avait peur de tout. Peur de la télévision, du climatiseur, elle hésitait à se servir de la salle de bain, ce n’était pas facile de lui apprendre tout ça. Mais j’ai essayé de faire de mon mieux. Je n’oublierai jamais ce voyage de six jours !

Premier jour : Lors de notre premier jour à Kampala je remarquais et confirmai qu’elle n’a jamais piétiné même la chambre de « Notre » Prince charmant. Et je voyais sa crainte de tout : Elle avait peur de tout ; même de dormir au lit. Je m’étais transformée en professeur ! Alors on a commencé par des petites choses : comment arranger son lit, comment arranger cette si grande chambre de manière à ce que ça puisse plaire à son homme, comment allumer la télé et changer de chaines, rajouter le volume, comment régler le climatiseur, etc…

Après tous ces exercices, on avait faim, nous avions commandé à manger. Même là, j’ai continué les leçons. Il fallait essayer de manger avec la fourchette et le couteau, je lui ai donné quelques leçons et puis on a mangé.

Notre deuxième jour : J’admets que j’étais très à l’aise avec elle. Elle aimait apprendre et était très courageuse. Ce deuxième jour, nous l’avons passé à faire des achats et nous sommes allées dans un salon de coiffure. On lui a arrangé ses cheveux et on l’a même maquillée. Elle n’arrivait pas à arrêter de se regarder dans le miroir. Elle avait tellement plaisir à se voir ! Elle se regardait, regardait, regardait encore… J’avoue que c’est une femme vraiment très belle.

Au troisième jour, nous avions continué nos petites leçons et avons aussi fait quelques achats. Au quatrième jour, j’ai décidé que l’on fasse une petite sortie, voir des amies et visiter la ville. Elle a beaucoup aimé ce moment. Au cinquième jour, c’était déjà la routine : Quelques leçons et achats.  Au sixième jour nous sommes allés nous faire belles : on nous a mis des ‘’plantes’’ ou des rajouts à nos cheveux, nous avons fait du plaquage des ongles et du make-up et nous avions décidé d’acheter nos matériels de make up, tout le kit maquillage pour chacune.

Le septième jour fut celui de notre retour.  Et nous voilà arrivées au territoire.  Elle avait en tête toutes les consignes que je lui avais données et je voyais qu’elle avait gagné confiance en elle.

Et voilà « le Prince » qui est là pour nous prendre à l’arrêt de bus.  Très étonné, il ne cessait de jeter des regards à la mère de son fils, il n’arrivait plus à se contenir. Je le voyais béat…Il a commencé par me déposer chez moi et il a vite trouvé une excuse : « Je vois que tu ne te sens pas bien, disait-il. Tu devrais dormir. » Et il est parti rapidement chez lui déposer chez la mère de son fils. Ils ont eu donc du temps pour parler.

2h plus tard, c’est elle qui m’appelle très heureuse. Elle me dit qu’il a été gentil avec elle comme jamais et qu’il ne cessait de l’apprécier et de lui faire des compliments.  Il lui aurait même proposé s’ils pouvaient faire le weekend une sortie à trois : lui, elle et leur enfant. Et bien sûr, conformément aux consignes, elle avait refusé ! Nous nous étions convenues qu’elle devait se faire désirer, le laisser venir à elle, et qu’elle devait lui faire comprendre sa valeur. Il ne fallait absolument pas qu’elle accepte ses avances facilement ! Et notre plan a marché ! Surtout par ce que de mon côté, je ne faisais que donner des excuses au « prince » pour éviter de nous rencontrer et je notais qu’il n’insistait plus : cela lui donnait du temps pour aller voir sa femme et son enfant.

Il a fini par comprendre que je faisais de mon mieux pour l’éviter. Quand il m’appelait pour venir me voir, je lui disais que j’étais chez la mère de son enfant.

Et il est obligé d’aller et là-bas il voyait encore sa femme en « new style », impossible pour lui de faire semblant de l’ignorer.

Enfin… un jour… ils ont fini par couché ensemble. Et lorsqu’elle m’en a informé j’étais très heureuse pour elle et très triste pour moi-même.

Le « prince » a fini par comprendre que notre mariage n’aura plus jamais lieu. Il l’accepté.

J’ai quitté ce milieu-là. Et jusqu’aujourd’hui je suis en contact avec cette femme et elle a déjà son 2eme enfant. Elle m’envoi toujours de l’argent pour que j’achète pour elle quelques nouveautés en terme de vêtements et maquillage. Maintenant elle étudie, elle fait les cours du soir. Elle commence a parlé bien français avec ses enfants surtout l’ainé qui le parle déjà bien. Elle ne cesse de m’appeler et me remercier et pour moi elle est devenue une de mes sœurs.

Et de mon côté, je me donne entièrement à mon petit job. J’ai fait une longue pause sur les questions d’amour.  Bien sûr, j’ai des propositions, mais je ne me sens pas encore prête d’aimer ni de faire confiance à quelqu’un.

Beaucoup me demandent (et parfois moi aussi je me le demande) : « qu’est ce qui s’est passé pour que tu aies de la sympathie pour cette femme, jusqu’à l’aider à conquérir son mari. Mari qui était aussi l’homme que je considérai comme mon prince charmant ? »

C’est une bonne question.

Mais cet homme m’avait tellement déçue ! J’étais très déçue de sa capacité à camoufler, à croire qu’il y a des femmes ‘’bonnes à jeter’’, et donc je n’envisageais absolument plus de vivre avec un tel type de mari ! Sa façon de traiter cette femme et comment il l’avait considérée…quand j’ai vu cette femme, j’ai compris qu’il avait abusé de sa naïveté, elle m’a fait pitié et j’ai décidé de la soutenir. C’est comme cela que l’idée m’est venue de l’aider à devenir complètement sa femme. Pour elle, il était le mari idéal. Mais pour moi, ce n’était plus le cas. Me mentir durant deux ans et demie, et faire comme si c’était par amour, quel avenir mon Dieu ?!

Ensuite, je voulais prouver à tout le monde que cette femme était un être humain et avait de la valeur, que ce n’était pas comme cela que l’on peut traiter une femme, qu’ils avaient tous tort, y compris ce mari. Et j’ai réussi ! Ce ne fut pas facile, mais ce fut possible.

Voilà la fin de mon histoire, de cette histoire…

Si j’ai voulu l’écrire c’est parce que beaucoup des filles pensent que le mariage vaut tous les sacrifices, même s’il faut briser un couple, s’il faut piétiner une autre femme elles sont prêtes à le faire. J’aimerais dire aux filles qui veulent épouser les hommes mariés qu’elles ont le choix de refuser. Il ne faut pas automatiquement croire que parce qu’il vous fait la cour que forcement son ancien mariage est fichu, mort ou quoi, ou que cette autre femme est nulle.

Les femmes ne devraient pas se faire la guerre, car elles sont souvent toutes deux victimes du système. Au contraire elles devraient être solidaires.

Je sais que Dieu a prévu pour moi un homme, tout à moi, pas un homme qui a déjà une épouse et qui va me mentir et dénigrer la mère de ses enfants, non. Alors je ne suis pas du tout pressée. J’attends et je fais autre chose, jusqu’à ce que je sois prête.

Merci de m’avoir lue et courage à toute celle qui a vécu une histoire pareille.

Rose.

Auteur : Faby I. AmaZone

Auteure et Blogueuse. Passionnée par le Bien-être, la Santé Mentale et comportementale, le Développement Personnel et la Spiritualité.

2 réflexions sur « Rubrique Rose. Episode 2 : Amie de sa rivale. »

  1. Une histoire pas comme les autres. Qui aurait cru que ça allait se terminer comme ça ?
    Je prie pour que tu rencontres ton Vrai prince charmant.
    Vraiment bravo pour ton courage et ton bon coeur 🙏

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